3 questions à Aurélie Lenfant
Créer son agence à 50 ans : le pari réussi d’Aurélie Lenfant
Forte d’une carrière bien remplie dans la communication, Aurélie Lenfant décide, à 50 ans, de relever un défi de taille : créer sa propre agence de communication 360°. Retour sur les étapes clés qui ont marqué sa transition vers l’entrepreneuriat.

Bonjour Aurélie, pouvez-vous nous retracer les principales étapes de votre parcours ?
Après des études d’arts plastiques au Lycée puis à l’Université et une maîtrise en 3D à Paris, j’ai suivi une formation de conception-rédaction multimédia, réalisée en alternance au sein de deux entreprises de région parisienne. J’ai travaillé dans une agence web à une époque où le web connaissait son essor fulgurant, dans les années 90. C’était une période exaltante où chaque entreprise souhaitait avoir son site internet. J’intervenais en webdesign. C’est fou de constater à quel point le métier a évolué depuis cette époque ! (Rires)
À la suite d’une expérience dans le secteur de l’immobilier, j’ai ressenti le besoin de compléter mes connaissances en graphisme. En 2001, je suis revenue en Bretagne, où j’ai suivi une formation en PAO pour perfectionner ma maîtrise des logiciels graphiques. Cette étape m’a conduite à intégrer la Mutualité Sociale Agricole (MSA), une aventure professionnelle qui durera 18 ans ! Au sein de cette institution, j’ai été amenée à travailler sur une multitude de projets : événementiels, mise en page de nombreux supports de communication interne et externe, création de plaquettes, vidéos… J’ai occupé différents postes et développé une expertise dans les médias digitaux (web et réseaux sociaux) les dernières années.
Il est intéressant de souligner que, même après une longue expérience (18 ans) dans une entreprise, l’entrepreneuriat est toujours possible...
Bien entendu ! J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon poste. La crise du Covid a été un déclencheur : elle m’a poussée à réfléchir à mes aspirations professionnelles. L’idée de créer ma propre entreprise s’est progressivement imposée. J’avais accumulé une solide expérience de plus de 20 ans et je sentais qu’il était temps de relever un nouveau défi. Je me suis posé beaucoup de questions. Pourquoi quitter une carrière stable à 50 ans pour se lancer dans une aventure aussi incertaine ? Cela paraissait dingue et puis cela s’est finalement révélé comme une évidence. En 2022, j’ai consacré une année entière à mûrir ce projet. J’ai bénéficié du dispositif « démission-reconversion », avec l’accompagnement de la BGE (Boutique de Gestion des Entreprises), puis d’un autre dispositif, le « Pass Création » financé par la région Bretagne, toujours avec la BGE. Ces accompagnements ont été précieux pour structurer mon projet et échanger avec d’autres entrepreneurs. C’est également à cette période que j’ai découvert les pépinières d’entreprises de Rennes Métropole.

Une année de réflexion, puis ce fut le grand saut ?
En janvier 2023, j’ai officiellement créé L’Œil du Paon, une agence de communication 360°. J’accompagne mes clients dans un parcours global, c’est-à-dire que j’interviens à la fois dans le print et le web, sur différents sujets : création de plateformes de marque, d’identités de marque, d’identités visuelles, mise en place d’outils visuels, conseil rédactionnel, site web… Mes clients sont majoritairement des TPE en quête de conseils personnalisés et d’un accompagnement opérationnel. J’apprécie cette relation directe et collaborative ! Pour ne pas rester isolée dans cette aventure, j’ai intégré en novembre 2023 la pépinière d’entreprises du Quadrium, de Rennes Métropole et gérée par Citédia. Les bureaux y sont très qualitatifs. J’aime l’esprit qui s’en dégage, avec du collectif, des échanges formels et informels. Les interactions avec la BGE permettent également de s’interroger. C’est d’ailleurs un point essentiel : être bien entouré dans les premières années pour éviter de s’égarer ou de s’entêter dans des choix peu judicieux. L’activité a démarré progressivement, ce qui m’a permis de prendre le temps de monter en puissance. J’apprends désormais à appréhender les périodes de suractivité !