3 questions à Laura Candas

Laura Candas, du burn out à la création d’entreprise !

3 questions à...
04/06/2024

Laura Candas est la fondatrice de Bulle d’Autonomie, une jeune entreprise qui agit sur la préservation de la qualité de vie des salariés aidants et la prévention de leur épuisement. Elle revient sur son parcours qui a débuté dans le secteur médico-social avant le grand saut vers l’entrepreneuriat.

Bonjour Laura, vous êtes la dirigeante de la société Bulle d’Autonomie, créée en 2020. Au regard de vos études, si on se replonge 20 ans en arrière, pensiez-vous entreprendre ?

Laura Candas

En effet, je me prédestinais à une carrière dans le secteur médico-social avec un master en Management des organisations sociales et solidaires. Pour autant, comme beaucoup d’autres entrepreneurs, j’ai grandi dans cet univers car mes parents étaient commerçants, et toute ma famille est constituée d’indépendants. Mon enfance a donc été baignée par le commerce, j’allais tous les samedis au magasin. Je me suis écartée de la voie toute tracée de reprise de ce commerce pour orienter mes études dans le médico-social. A la suite de mon master, j’ai rejoint un pôle de l’économie sociale et solidaire à Redon, pendant un an. Par la suite, durant près de 10 ans, j’ai occupé différentes fonctions au sein de l’ADMR (association d’aide à domicile). J’ai d’abord coordonné le comité régional ADMR Bretagne, en veillant à harmoniser les pratiques entre les différents territoires. J’ai fait ensuite le choix de me rapprocher de l’Ille-et-Vilaine en tant que cadre personnes âgées et cadre santé. Je décide ensuite de retourner sur le terrain, en prenant un poste de chargée de direction d’un territoire : le pilotage de 5 associations, soit 250 aides à domiciles. Progressivement, mon champ d’interventions s’est élargi… Je pensais être en mesure de tenir le choc. En 2018, j’explose en plein vol. Je fais un burn out.

Ce burn out sera l’élément déclencheur de votre projet entrepreneurial ?

Exactement ! Après de longs mois pour me remettre sur pied, je m’interroge sur la suite à donner à ma carrière : j’ai envie d’autre chose, une expérience hors du salariat. Je décide de mêler mes compétences avec cette expérience du burn out. J’ai compris que les salariés aidants (de proches malades, en situation de handicap, âgés…) devaient être davantage soutenus. Je décide alors de créer Bulle d’Autonomie. En deux mots, il s’agit d’une société dont la vocation est de préserver la qualité de vie des salariés aidants et de prévenir leur épuisement. Elle propose ainsi une solution dédiée aux entreprises qui leur permet de mesurer le nombre de salariés aidants, d’informer et de sensibiliser ces derniers, et enfin de les accompagner dans leurs démarches via une application mobile contenant de riches ressources et l’accès à des coordinateurs, professionnels du médico-social, experts de la thématique.

L'équipe Bulle d'Autonomie

Quel a été votre parcours jusqu’à la création de Bulle d’Autonomie ?

Le chemin pour y parvenir fut semé d’embûches. Après plusieurs échecs, je me tourne vers la BGE (Boutique de Gestion) pour m’accompagner. Il était nécessaire de solidifier mon business plan pour obtenir un prêt. Je me déclare service à la personne auprès de la Dreets Bretagne, je rentre chez 1Kubator, un incubateur bien connu du territoire. Puis j’intègre le Village by CA, durant 2 ans. Pendant toute cette période, je fais des virages à 180° : je réoriente mes prestations vers les entreprises alors que celles-ci s’adressaient alors aux particuliers, je développe l’application destinée aux salariés aidants, je me connecte à l’écosystème rennais et je remporte plusieurs prix (French Tech Tremplin, #Femme du Numérique - La Poste). Une période intense durant laquelle j’ai acquis de la notoriété et de beaux contrats. A la sortie du Village by CA, je voulais conserver cet esprit de réseau. Avec mes deux alternants, nous avons rejoint en février 2024 la pépinière d’entreprises Orchis à Le Rheu. C’est un lieu calme avec des résidents sympathiques. Et je suis toujours dans plusieurs réseaux comme Réseau Entreprendre Bretagne pour glaner des conseils et affiner mes offres car la remise en question est permanente dans l’entrepreneuriat. J’adhère également à « Les Premières Bretagne », un réseau pour les femmes qui me permet de travailler ma posture en tant que femme entrepreneure et mon leadership.