Focus sur Mindig
Mindig, la société qui saura prédire l’évolution des maladies neurologiques
Mahmoud Hassan a créé il y a 3 ans Mindig, une jeune société spécialisée dans l’analyse et dans l’interprétation des signaux émis par le cerveau, permettant d’être une aide au diagnostic des maladies neurologiques. Rencontre avec un entrepreneur captivant !
Docteur en philosophie à l’Université de Compiègne et de Reykjavik en Islande, chercheur en neurosciences et professeur à l’Université de Reykjavik, Mahmoud Hassan possède un CV impressionnant, reconnu dans la profession. « J’ai réalisé des travaux de recherche sur le cerveau pendant 10 ans, en me focalisant sur le traitement des signaux électriques qu’il émet, pour mieux comprendre le cerveau humain et les maladies neurologiques », relate le dirigeant. L’enjeu est colossal : 1 personne sur 6 dans le monde présente (ou présentera) un souci au niveau du cerveau. « Après toutes ces années de recherche fondamentale, j’ai voulu aller plus loin, et me rapprocher du patient. C’est ce qui me fait vibrer : partir de la recherche pour créer des passerelles avec le terrain, et développer des solutions qui font avancer la médecine ». De l’idée à la concrétisation, Mahmoud Hassan fonde en septembre 2021 la société Mindig, littéralement « creuser dans le cerveau », à Rennes, place forte de la recherche en neurosciences en France.
Comprendre et prédire l’évolution des pathologies neurologiques

Certains chercheurs et/ou cliniciens utilisent désormais un électroencéphalogramme de dernière génération, un casque composé de 256 capteurs qui permettent d’analyser la dynamique cérébrale avec une précision spatiale largement supérieure à celle de l’ancien matériel inventé il y a 100 ans. Cela est combiné avec une précision temporelle exceptionnelle 1 000 fois supérieure à celle de l’IRM. C’est là que l’expertise de Mindig entre en jeu ! « Nous avons développé plusieurs logiciels, enrichis perpétuellement par l’IA, qui permettent d’analyser les millions d’informations recueillies par le casque et de les interpréter. Nous travaillons avec plusieurs CHU en France, dont celui de Rennes, des acteurs de l’industrie pharmaceutique et des neurologues/psychiatres sur des travaux de recherche. Nous sommes devenus la référence dans le domaine, en étant la seule entreprise privée à vendre ce service d’analyse des données, pour mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain mais aussi aider au diagnostic des maladies du cerveau ». Mais le jeune dirigeant ne compte pas s’en arrêter-là ! « L’objectif à terme est de prédire les maladies neurologiques et psychiatriques et leurs évolutions. Nous devrions donc être capable de détecter en amont les symptômes de la maladie, de caractériser les complications, et donc d’adapter plus tôt le traitement ». Parmi les maladies concernées, nous pouvons citer l’autisme, Alzheimer, Parkinson, les maladies psychiatriques… Le champ d’intervention est donc très large. A ce stade, dans la routine clinique, le casque EEG et les logiciels associés sont utilisés uniquement dans le cadre de l’épilepsie.
Un développement réalisé dans le confort des pépinières d’entreprises

Après une 1ère année d’existence à faire grandir la société, seul, Mahmoud signe de nombreux projets, un succès qui l’oblige à s’entourer progressivement d’une équipe. « J’ai recruté de jeunes chercheurs, data scientistes en neurosciences, côtoyés durant mes années de post-doctorat ». Les bureaux devenant indispensables, le jeune dirigeant découvre l’existence de Citédia et des pépinières d’entreprises en réalisant des recherches sur internet. Mindig entre à la Maison de la Technopole, de Rennes Métropole et gérée par Citédia, en novembre 2022. « J’ai tout de suite apprécié le fonctionnement des pépinières. J’avais envie d’interactions avec d’autres sociétés, d’être dans un écosystème nourri d’un dynamisme entrepreneurial. Durant toutes mes études, je n’ai jamais eu 1h sur l’entrepreneuriat, le passage en pépinière est donc une excellente manière de progresser au contact des autres dirigeants et des experts du Poool », conclut Mahmoud.